Les ricochets - 1
juin 15, 2007 — hipparchia
Floc, floc, floc ! Hicham Blancheau, s’échine à faire des ricochets depuis quarante-sept minutes, quand il réussit un ample trois-rebonds, assez remarquable. C’est le premier vrai ricochet d’Hicham, à trente sept ans. Il esquisse un sourire. Un observateur penserait naturellement que ce sourire est le résultat de sa performance.
Mais ce dimanche 23 mars 2008 est pluvieux et froid sur Granville. Les granvillais sont au chaud dans leur maison, écossent des fèves ou regardent la télévision. Les touristes, mêmes les plus nostalgiques, après avoir attendu trop longtemps un moment d’entre deux nuages, ont renoncé à la mélancolie d’une promenade sur les contreforts gris de la Haute Ville. Seuls quelques goélands criards sont les témoins distraits du ricochet d’Hicham Blancheau.
La succession d’événements improbables qui ont conduit Blancheau à Granville en ce début de printemps 2008 a été rapportée avec talent dans la fameuse biographie « Blancheau ou les tribulations du théologien amoureux » de Ludivine Haley, de sorte qu’il n’est probablement pas utile d’en rappeler même les grandes lignes. La promenade sur la plage et le ricochet à trois rebonds n’est en revanche, à ce jour je crois, connu de personne. Blancheau n’a compris qu’à la fin de sa vie l’importance de ce ricochet dans la construction de sa pensée. Ce n’est que quelques heures avant sa mort, mesurant le possible tournant historique qu’elle pouvait avoir fait prendre à l’humanité, qu’il décida d’en faire la confidence à l’auteur de cette chronique, lui demandant de la rendre publique sans fioritures. C’est dans le respect de cette oraison jaculatoire que le présent texte a été rédigé et les éléments de description n’ont pas été ajoutés, soyez-en sûrs, dans un but d’ornementation, mais bien seulement quand il aura été considéré qu’ils pouvaient éclairer aux yeux du lecteur le fulgurant cheminement intellectuel du protagoniste.
A suivre…
juin 26, 2007 at 10:58
Toujours ce subtil dosage entre réalisme et étrangeté…
juillet 2, 2007 at 1:12
On attend la suite…
… avec impatience !